DEVELOPPEMENT DE LA LIBIDO Ce développement de la libido fait parti des idées majeures de Freud , elle est liée au concept de sexualité qui est central dans toute la conceptualisation freudienne, c'est-à-dire qu'elle permet d'expliquer toute l'organisation psychique et de comprendre tous les désordres pathologiques. Toutes ces notions sont aussi parmi les moins bien comprises dans toute l'oeuvre de Freud et elles sont sujettes aux contresens.
I. Le terme de sexualité
Dans l'expérience et la théorie de la psychanalyse, sexualité ne désigne pas seulement les activités et le plaisir qui dépendent du fonctionnement de l'appareil génital mais toute une série d'excitations et d'activités présentes dès l'enfance qui procure un plaisir irréductible à l'assouvissement d'un besoin physiologique fondamental (comme la faim ou la fonction d'excrétion) et qui se retrouve à titre de composantes dans la forme dite normale de l'amour sexuel.
D'une part la sexualité freudienne existe dès l'enfance, elle n'est pas réductible à la procréation, elle n'est même pas réductible au seul physiologique génital, elle correspond à l'ensemble de affects qui sont reliés à la jouissance érotique, cette jouissance est polymorphe.
II. Définition de la libido
C'est une énergie postulée par Freud dès le début de son oeuvre, c'est le substrat des transformations des pulsions sexuelles. La pulsion est une poussée énergétique et motrice que Freud défini en trois points, la source, le but et l'objet.
La source de la pulsion est l'état d'excitation à l'intérieur du corps. Le but est la suppression de cette excitation, et l'objet est l'instrument au moyen duquel la satisfaction est obtenue. Cette description de la pulsion à trois niveaux est toute à fait originale parce qu'elle remet en cause la conception pré-freudienne d'une pulsion qui a un but spécifique et un objet spécifique. Freud va s'appuyer sur l'étude de la sexualité infantile, et il va montrer combien l'objet sexuel peut être variable, avant d'atteindre l'appareil génital il aura la bouche et l'anus. La libido freudienne est susceptible de déplacements, dans un premier temps elle est subjective et narcissique, elle est autoérotique, puis elle se détache du sujet pour se porter vers un objet extérieur, elle est objectale, hétéro-érotique.
III. Maturation des pulsions et développement de la libido
Cette maturation est déterminée biologiquement dans la mesure où elle dépend des périodes de transformations corporelles, le concept clé est celui de zone érogène c'est-à-dire de régions du corps dont l'excitation conditionne la satisfaction libidinale. Le corps tout entier peut être zone érogène mais Freud a choisi pour nommer les différents stades la zone érogène dominante, donc il va distinguer successivement le stade oral, anal, phallique (stades prégénitaux), ensuite succède une période dite de latence, en moyenne entre 7 et 11 ans, puis la puberté et le stade génital. L'historique de ces stades d'organisation provisoire, de pulsions partielles permet de comprendre les bases du comportement, non seulement chez les individus normaux mais aussi chez tous ceux qui présentent des troubles ou des maladies mentales.
1. Le stade oral
Il se subdivise en deux sous-stades, le stade oral primitif (nouveau-né) et le stade oral tardif (moment de la poussée des dents).
Stade oral primitif : c'est le premier semestre de vie, il est sous la primauté de la zone érogène buccale et la décharge libidinale est obtenue par la succion dont le besoin apparaît dès les premières heures de la vie. On peut dire que cette succion procure une satisfaction intense au bébé qui continu dans son sommeil à suçoter ses lèvres. Dans la frustration, le nourrisson apprend très vite à sucer une partie de son propre corps (pieds, lèvres, doigts...). Ce plaisir de la succion est indépendant des nécessités alimentaires (plaisir autoérotique). Progressivement l'enfant va s'attacher à l'objet qui lui procure du plaisir, soit le sein soit un biberon qu'il aime sucer et avec lequel il aime jouer même quand il n'y a plus de lait, petit à petit l'enfant aime ce qu'on lui met à la bouche et par extension, il va aussi aimer la mère ou la nourrice qui sont toujours liées au plaisir de la tétée. A cette même époque, tous les autres moments de plaisir comme la toilette, le bain et les bercements sont liés à la présence de la mère et la mère va devenir dans sa présence et dans sa personne un objet d'aimance. A ce stade, cette relation d'aimance, puisque c'est la seule relation, va servir de modèle. Lorsque quelque chose va intéresser l'enfant il va le porter à la bouche ; sucer un objet entraîne le plaisir d'avoir qui, à cet âge, se confond avec le plaisir d'être. Ce premier mode de relation correspond à une identification passive à la mère (si la mère sourit, le bébé sourit ; si elle parle, il gazouille) et le développement de l'enfant se fait en emmagasinant passivement les sensations.
Nous sommes au stade du narcissisme primaire.
Stade oral tardif : il apparaît vers 6 mois, avec la poussée dentaire et sa souffrance physique que le bébé soulage par des mordillements. L'enfant entre alors dans une phase orale active et l'incorporation par morsure se substitue à la succion, le bébé va mordre tout ce qu'il porte à sa bouche c'est-à-dire d'abord la nourriture, les objets, le sein et la poussée dentaire introduit l'agressivité. Le plaisir de mordre s'accompagne d'une démarche énergique agressive, la façon dont cette première pulsion agressive sera permise ou non servira de modèle aux autres pulsions agressives. Il est également parlé de stade sadique oral.
Les perturbations d'ordre pulsionnel du stade oral sont liées aux sensations de la fixation orale (tétée, succion du pouce) et, plus tard, de l'agressivité orale (morsure déclenchée principalement par la poussée dentaire), en rapport immédiat avec le domaine de la bouche, de la "cavité primitive" (Spitz ).
La première nécessité est que l'enfant n'ait à sa portée que des objets susceptibles d'être sucés ou mordus sans danger et sans provoquer d'interdiction ou de gronderie. Selon certains cliniciens si on attend ce moment pour commencer le sevrage, celui-ci sera considéré comme une conséquence de l'agression, comme une punition sur le mode de la frustration, ils considèrent donc un bon sevrage commencé au plus tard avant 4 mois. Les enfants sevrés trop tardivement auraient une difficulté à jouir de l'agressivité sans provoquer un besoin d'autopunition ; et un sevrage trop brusque empêcherait l'enfant de déplacer sa libido vers d'autres objets, il resterait fixé au stade oral passif (il n'apprendrait pas à mordre), ce qui renforcerait l'autoérotisme (se remettre à sucer son pouce).
A ce premier stade, l'enfant est complètement dépendant de son environnement. Winnicott précise qu'un 'bébé n'existe pas sans sa mère'. La relation par l'oralité est fondamentale, tout se passe par la bouche. Lacan parle de complexe du sevrage. La première zone érogène du bébé est sa bouche.
Cette période de maturation est dominée par l'étroite dyade mère-enfant. Les troubles qui peuvent se manifester à ce stade sont l'angoisse de séparation, la carence affective précoce et la dépression anaclitique.
Une "organisation coenesthésique" du nouveau né, nommée par René Spitz, peut être à l'origine de crises psychosomatiques graves pouvant aller jusqu'à la mort (coma de Ribble ).
C'est à ce stade oral que se constituent les caractères égoïstes à titre captatif. Le sujet recherche l'affection exclusive d'un être selon le mode de la relation objectale orale, ici l'objet d'amour est symboliquement la mère nourricière. Donc, dans le caractère ultérieur la prédominance de composantes orales fera des orateurs, des chanteurs, des fumeurs, des buveurs, des gourmands, des boulimiques, des toxicomanes, des femmes entretenues, des proxénètes ; chacun ayant sa particularité dans la relation orale.
2. Le stade anal
Il correspond à l'apprentissage de la propreté (environ 2 ans) dont à la maîtrise des sphincters de l'anus et de l'urètre. Il s'étend sur la deuxième et la troisième année puisque à partir de cet âge là le développement neuromusculaire entraîne la possibilité d'une rétention des matières fécales et des urines. L'enfant va découvrir une première phase, la phase expulsive, puis la phase rétentive avec le plaisir érotique à se retenir.
La satisfaction libidinale est liée à l'excitation de la muqueuse anale qui devient la zone érogène dominante chez l'enfant. Les tensions se déchargent par l'évacuation de l'intestin mais l'enfant peut augmenter l'excitation en retenant ses matières fécales, c'est la première situation d'ambivalence. Cette ambivalence existe dans la relation à la mère puisque les soins de propreté qui suivent l'excrétion sont donnés par la mère. Si la mère est contente, la toilette du bébé se passe dans une ambiance agréable, s'il a sali ses couches il peut être grondé mais même s'il est grondé la toilette est agréable puisque la mère s'occupe de la zone érogène dominante. Autrement dit, des émois contradictoires se trouvent associés et c'est à ce stade que l'enfant découvre son pouvoir, d'abord autoérotique et affectif sur la mère qu'il peut récompenser ou non. Le cadeau qu'il fait ou non à la mère va devenir le modèle psychologique de tous les autres cadeaux dans l'avenir, c'est-à-dire l'argent, les objets et les sentiments. Lorsque l'on demande à l'enfant de donner ses matières, il est indispensable de lui procurer des substituts sur lesquels il pourra déplacer ses affects (substituts : objets qu'il pourra traîner avec lui) et nul ne pourra les toucher sans affecter de l'agressivité. Il aura sur ces objets droit de vie ou de mort, il pourra donner existence ou non comme à ses excréments. C'est aussi l'époque où au lieu de jouer avec ses excréments, il s'absorbe dans la fabrication de pâtés de sable, il barbote dans la saleté ou la boue, l'attitude sévère ou pas de ses parents favorisera, en entravera son épanouissement.
L'enfant va prendre conscience du dedans et du dehors, donc de son corps. Il va apprendre à contrôler et à maîtriser ce qui sort de son corps. A ce stade, il y a une opposition entre l'activité et la passivité. C'est le passage de l'érotisme oral à l'érotisme anal.
D'une façon plus générale, l'enfant est arrivé à un stade de développement neuromusculaire intéressant, ce qui lui donne la possibilité d'imiter l'adulte dans tous ses gestes, d'abord maladroitement, l'enfant de deux ans devient hyperactif, bruyant, brutal, agressif, donc il faut faire son éducation neuromusculaire, c'est-à-dire que parallèlement aux exigences normales de la discipline, on lui réserve des heures quotidienne de défoulement où il peut jouer aussi brutalement et aussi bruyamment qu'il le souhaite.
A ce stade, se constitue la formation des caractères consciencieux, réguliers, travailleurs, sérieux, pour ceux qui ont eut du plaisir à se confronter aux exigences maternelles. Chez les autres, on va trouver les obstinés, les boudeurs, les entêtés, les désordonnés... Par ailleurs, tout ce qui touche à la possessivité ressort de ce stade, on va donc trouver un intérêt sublimé pour les matières fécales, chez les sculpteurs, les collectionneurs et chez ceux que la banque et le maniement de l'argent intéressent.
Nous sommes dans un stade d'ambivalence, d'affirmation contre et parallèlement la pensée va suivre un schéma dualiste, quand les objets s'opposent à la volonté de l'enfant ils sont méchants et quand ces volontés s'opposent à l'adulte les pulsions agressives vont être différées sur des objets substituts de l'adulte comme une poupée ou un animal, c'est donc une pensée par représentation symbolique qui est source de fétichisme des enfants.
Le plaisir anal existe dès le début de la vie mais on peut dire que la zone anale devient la zone érogène dominante lorsque le plaisir est conflictualisé et les matières fécales deviennent objet libidinal lorsque l'enfant peut retenir ou expulser, c'est-à-dire faire plaisir à la mère. Cette possibilité d'expulsion représente pour l'enfant une monnaie d'échange entre lui-même et les adultes.
Ce stade est marqué par la crise sociale de l'éducation à la propreté, mettant pour la première fois l'enfant en conflit avec l'autorité.
Les perturbations d'ordre pulsionnel du stade anal peuvent déclencher des inhibitions, des troubles du langage (bégaiement, bredouillement) ou des troubles moteurs (tics, mouvements compulsifs) qui sont des mécanismes de défense. Dans le domaine psychosomatique, nous retrouverons l'énurésie, l'encoprésie, la constipation, la colite, l'asthme.
3. Stade phallique
Il se situe entre 3 et 5 ans, la zone érogène dominante sont les organes génitaux (pénis et clitoris). Les tensions se déchargent par la masturbation génitale, ce plaisir entraîne une prise de conscience de son propre sexe et par conséquent de celui des parents, et l'identification au parent du même sexe.
L'éveil de la zone érogène phallique commence dès le stade oral mais à ce moment là l'excitation est occasionnelle, elle est liée aux soins de la propreté et à tous les frottements divers que les enfants ressentent. La curiosité sexuelle se traduit d'abord par la question d'où viennent les enfants ?, quelle différence a t-il entre un garçon et une fille ? L'enfant ne connaît que l'organe mâle donc l'opposition des sexes est équivalente à l'opposition phallique châtrée. Cette réponse entraîne immédiatement une angoisse de castration qui est développée par tous les interdits des parents. Parallèlement la situation oedipienne s'installe et on est au coeur du complexe d'oedipe qui a un rôle d'organisation et de structuration psychologique fondamental. Ce complexe se joue entre les trois personnes familiales (problématique triangulaire).
Chez le petit garçon, le développement des relations objectales se fait le plus simplement possible puisque l'objet sexuel sera l'ancien objet d'aimance, le garçon va rester attaché à son premier objet d'aimance. Le garçon peut prendre conscience que l'objet du désir maternel est le père qui possède comme lui un phallus et à partir de ce moment il est partagé entre deux attachements, le premier qui est un investissement objectal sexuel à la mère qui va se manifester par un déploiement de séduction à son égard mais dans cette tentative de conquête il se heurte à la rivalité du père et surtout à son infériorité par rapport à son père. Donc, vont se développer de la crainte et de la jalousie réelle qui vont se traduire par une franche agressivité à l'égard du père. Le deuxième attachement est la forme positive de l'oedipe du garçon, c'est-à-dire que l'identification aux parents de même sexe déclenche également un attachement libidinal à ce père et le garçon est dans une situation où l'investissement fantasmatique est complètement ambivalent, le père est un rival à supplanter et il est un modèle à imiter. La compétition oedipienne n'est pas réelle mais fantasmatique, la mère a déjà choisi le père et l'enfant connaît très bien l'inutilité de ses tentatives séductrices. La seule façon normale de sortir de cette situation est de renoncer à la séduction érotique de la mère et à la compétition avec le père. Cette renonciation va libérer de l'énergie libidinale qui va pouvoir se réinvestir sur d'autres objets. Les objets post-oedipiens sont les activités intellectuelles, artistiques, sportives, et c'est l'entrée dans la période de latence (fin de l'oedipe).
Chez la fille, le développement est plus complexe puisqu'elle doit changer d'objet d'amour en passant de la mère au père, la complexité va amener sa jalousie envers la mère vers un sentiment de culpabilité du fait de son attachement pré-oedipien. Il en résulte, selon Freud, une importante ambivalence des filles envers leur mère. A la fin de l'oedipe, le renoncement à la séduction du père est également provoqué par la peur de perdre l'amour de la mère. La période d'identification à la mère est beaucoup plus longue que chez le garçon et la relation mère-fille n'est jamais totalement résolue. Ce complexe d'oedipe se retrouvera dans les problématiques de vie adulte.
Les fonctions du complexe d'oedipe : il permet l'accession à la génitalité dans la mesure où il permet de dépasser l'autoérotisme primitif, c'est-à-dire qu'il oriente la libido vers un objet extérieur. Cet objet oedipien n'a qu'une exigence éphémère puisqu'il est destiné à être abandonné par déplacement de l'image parentale par d'autres objets.
Ce stade phallique représente un premier point culminant de l'évolution sexuelle de l'enfant. Il est en même temps marqué par les relations oedipiennes avec les parents. Des troubles du comportement de nature hystérique peuvent se fixer sur des bases de conflits oedipiens non surmontés. D'autres enfants peuvent adopter une attitude de défense agressive, se butant devant l'autorité parentale. C'est l'âge aussi où la jalousie du jeune enfant suscitée par la naissance du suivant deviendra consciente. Des réactions psychosomatiques peuvent également apparaître : troubles du sommeil, terreurs nocturnes, somnambulisme, qui sont une façon d'appeler les parents.
4. Phase de latence
C'est le moment où l'enfant entre à l'école primaire. Le complexe d'oedipe doit être terminé afin que l'enfant soit totalement disponible pour les apprentissages. Employée à l'acquisition des connaissances sur tous les plans, le refoulement de l'intérêt sexuel va permettre une disponibilité nouvelle, donc la possibilité de déployer l'énergie pour la conquête du monde extérieur. C'est ce que Freud a appelé l'aspect culturel de la phase de latence. Les facultés de sublimation vont se développer progressivement en même temps que des sentiments nouveaux, plus nuancés comme la tendresse et surtout les aspirations morales et esthétiques (vers 7 ans). C'est un stade important dans la socialisation, la sexualité va être en sourdine pendant cette période.
Ce stade est régi par les lois de l'exigence et de l'efficacité : le passage du principe de plaisir au principe de réalité est accompli. Le sens de la réalité se manifestant dans le comportement de l'écolier prouve sa maturité scolaire.
Lorsque l'enfant impose à l'enfant des exigences au-dessus de ses moyens (scolaires ou sociaux) des troubles de type phobie scolaire peuvent apparaître.
5. Stade génital
C'était le seul connu avant la théorie freudienne, il s'instaure après la phase de latence au moment de la puberté. Il correspond à l'organisation définitive de la sexualité dans sa forme adulte, caractérisée par son aptitude à la reproduction de l'espèce. Il implique l'inspiration des stades précédents c'est-à-dire que les tendances partielles qui caractérisent la sexualité infantile ne disparaissent pas mais vont se subordonner à la sexualité génitale. Ce stade est enraciné dans tous les autres par sa quête de l'autre.
Cette subordination se fera si les stades précédents ont bien été franchis. A ce stade la libido est appelée objectale puisque les tendances ont besoin d'un objet extérieur au corps, elle n'est donc plus narcissique et par conséquent elle va être dépendante de la qualité de la relation objectale c'est-à-dire qu'elle est dépendante du comportement affectif vis-à-vis de l'objet d'aimance et ce comportement est lié pour Freud à la résolution du complexe d'oedipe.
Ce stade peut se distinguer selon deux phases : la phase pubertaire et la phase juvénile.
La phase pubertaire se caractérise par l'accélération de la croissance et le développement des caractères sexuels spécifiques.
Ages de la puberté : de 9 à 14 ans pour la fille, de 11 à 16 ans pour le garçon.
Il s'agit d'une évolution négative marquée par :
- l'instabilité de l'humeur
- l'hyperémotivité
- une fatigabilité accrue
- l'émergence de l'instinct sexuel (apparition de la pudeur chez la fille et de la timidité chez le garçon)
- apparition possible des troubles de la conduite et du caractère, sentiment d'infériorité, opposition systématique à l'autorité, sentiment d'être incompris (ce que l'on a coutume d'appeler l'âge ingrat)
L'adolescent pubère porte surtout sont attention sur lui-même parce qu'il ne parvient pas à s'accepter et à se comprendre tel qu'il devient. S'il a le sentiment d'être incompris c'est aussi parce qu'il ne se comprend pas lui-même.
La phase juvénile est une période plus positive :
- restructuration de soi sur le plan intellectuel et psychologique
- affirmation de soi
- découverte d'autrui
- quête d'autonomie et besoin de participer à la vie sociale
- découverte et structuration de la personnalité individuelle
- ouverture sur la société et autrui
L'apparition et la durée de ces deux phases peut varier selon les individus et les influences culturelles ; il y a d'ailleurs un aspect social de l'adolescence qui est indéniable et qui révèle assez clairement que l'on ne peut limiter la période de l'adolescence à celle des transformations dues à la puberté (Mendel).
Tous les problèmes de l'adolescent sont liés à l'image et à l'idéal du moi, ce sont des problèmes d'identité :
- par rapport à son corps : problèmes liés à la notion de schéma corporel
- par rapport à son statut social
- par rapport aux relations affectives et à la sexualité
La tâche de l'adolescent est donc difficile car il doit reconstruire une nouvelle image de lui-même, faire advenir sa véritable personnalité et conquérir son indépendance.
La crise d'identité est la phase du développement humain durant laquelle tout, dans l'adolescent, tend vers l'édification du Moi à travers la réorganisation de sa personnalité.
Anna Freud décrit une tentative de déni de la réalité, en particulier sur le plan corporel et sexuel, quand les exigences pulsionnelles trop fortes ne peuvent être surmontées. Si l'intellectualisation en est l'expression mentale, l'anorexie en est la traduction psychosomatique. Dans sa négation totale de tous les processus de la vie, elle correspond à une suicide conscient différé.
Conclusion : le développement de la libido suit une progression ordonnée constante chez tous les êtres. Si un individu est empêché de réaliser pleinement une de ces étapes, il va se produire ce que Freud appelle une fixation et de telles fixations ne sont pas obligatoirement déclenchées par des manques ou des frustrations, elles peuvent être déclenchées aussi par des satisfactions excessives. Le sujet va alors rester organisé selon la structure du stade où il y a fixation, donc attaché à des modes de satisfaction ou de relations infantiles. De telles fixations vont jouer un rôle déterminant dans l'étiologie de tous les troubles psychiques, la fixation libidinale est pour Freud la cause première et déterminante de toutes les névroses.
Par exemple :
- La mélancolie et la manie sont dans le stade oral, ce sont des psychoses (psychoses maniaco-dépressives)
- Dans le premier sous stade anal (phase expulsive) : la paranoïa. Dans le retenir, le deuxième sous-stade anal : la névrose obsessionnelle
- Au niveau du stade phallique on trouve la névrose hystérique
- Au stade génital : on a à peu près dépassé le reste, ils sont tous intégrés. L'adulte va pouvoir fonctionner normalement. On n'a pas de souffrance psychique énorme.
Au niveau psychosomatique :
1. au stade oral
- agressivité orale
- angoisse de séparation
- carence affective précoce
- troubles du sommeil
- anorexie, vomissements, obésité
- eczéma
2. au stade anal
- inhibitioins, troubles du langage, mutisme
- tics, agitation psychomotrice, mouvements compulsifs
- enurésie, encoprésie, constipation
- asthme
3. au stade phallique
- hystérie, agressivité, jalousie
- névrose d'angoisse, phobie des animaux
- terreurs nocturnes, somnambulisme
4. au stade de latence
- dyslexie, phobie scolaire
- névrose d'angoisse
- difficultés dans les relations avec autrui : mensonge, vagabondage
5. à la puberté
- crise d'identité, toxicomanie, tentative de suicide
- anorexie mentale
- perversions
- criminalité